Le lézard vert occidental était bien installé à Croze il y a encore quelques années. Il semble avoir disparu autour des années 2015/2020
Espèce protégée en France depuis 1981, il est interdit de le tuer, le capturer, le déplacer ou détruire son habitat. Le lézard vert est une espèce sensible aux changements de son environnement. Il a besoin de zones ensoleillées, de haies, buissons, herbes hautes, tas de pierres ou bois, d’endroits calmes pour se cacher et pondre.
Comme tous les reptiles, le lézard vert voit sa vie régulée par la température. Au printemps et en été, il devient actif à la recherche de nourriture et de partenaire, tandis qu’en hiver, il trouve un refuge dans des terriers ou sous de la végétation épaisse pour entrer en brumation à l’abri du gel et des prédateurs. Son métabolisme devient extrêmement ralenti jusqu’à une immobilité quasi totale. Il lui faut une température du sol de 12 à 15°C au sol pour commencer à s’activer à nouveau.
Il se nourrit principalement d’insectes, sauterelles, coléoptères, chenilles, araignées… et occasionnellement de petits vertébrés ou fruits en fin d’été. Il chasse au sol, dans la végétation dense dans laquelle il se camoufle très bien.
Au printemps et au début de l’été, les mâles affichent une gorge bleu vif pour la période de reproduction. Ils peuvent entamer des combats pour garder l’accès au territoire et aux femelles. Les deux mâles se rapprochent lentement, gonflent le corps, ouvrent la bouche en montrant leur gorge bleue. Si aucun ne recule, ils se mordent surtout au cou et aux flancs et essaient de plaquer l’adversaire au sol. Le perdant s’enfuit tandis que le gagnant garde le territoire. Les blessures graves sont rares.
Les femelles pondent 10 à 30 œufs dans un sol meuble ou sous un tas de feuilles dans une zone ensoleillée et protégée. Ces zones étant difficiles à trouver, lorsqu’un site offre l’environnement idéal, plusieurs femelles viennent pondre au même endroit, créant une véritable nurserie à lézards. Le lieu de ponte est en général repris année après année. Le sol doit avoir une bonne température et suffisamment d’humidité pour que les jeunes éclosent six à dix semaines plus tard. Les jeunes font 7 à 9 cm à la naissance et sont immédiatement autonomes. Devant tout de suite trouver leur nourriture, éviter les prédateurs et trouver un abri, la mortalité est très élevée. Quand plusieurs pontes sont regroupées, il existe en général une éclosion synchronisée qui crée un effet de saturation des prédateurs et augmente la probabilité que quelques individus survivent.
Les prédateurs naturels du lézard vert sont les rapaces qui repèrent les lézards se chauffant au soleil depuis le ciel, les serpents et le renard, la fouine ou la pie qui peuvent être opportunistes. Le hérisson peut manger les œufs ou les jeunes.
Pour se protéger, le lézard vert peut utiliser l’immobilité totale quand il se sent observé, ou la fuite. Comme le lézard des murailles, il peut laisser tomber sa queue pour distraire le prédateur dans des cas extrêmes de survie. La queue représente une réserve énergétique importante de graisses et nutriments stockés. Sans queue, le lézard est handicapé dans son équilibre, ses sauts et sa course. Il est alors beaucoup plus fragile. La queue repousse en plusieurs mois mais elle est plus courte et la structure est faite de cartilage au lieu d’os. La reproduction est affectée.
Le lézard vert est tout particulièrement menacé par la prédation des chats domestiques. Contrairement au lézard des murailles, qui vit sur des murs ou rochers avec fissures, qui est plus vif et rapide et se reproduit en plus grand nombre, le lézard vert est plus grand, se déplace davantage au sol, a un démarrage moins rapide et va se réfugier dans la végétation. Pour un chat, c’est une proie idéale, visible, assez grosse, très stimulante à chasser.
Face au danger, les lézards verts se figent souvent avant de fuir dans la végétation. C’est une stratégie efficace contre les rapaces, mais pas face à un chat silencieux et patient. Pour un animal sauvage, la chasse est un acte consommateur d’énergie qui vise à satisfaire la survie. Pour le chat, nourri et soigné, cet équilibre entre effort et gain énergétique n’existe pas, et il peut tuer plusieurs proies par jour uniquement par instinct. Dès lors, une densité de chats qui augmente fait très vite disparaître le lézard vert. Une coexistence est possible s’il y a moins de un chat pour dix à vingt hectares. Au delà, la population disparaît. C’est donc sans doute l’arrivée de nombreux chats dans le voisinage qui a fait disparaître les lézards verts. Il existe probablement encore des zones refuges à proximité de Croze où le lézard vert trouve refuge. Peut-être reviendra t-il un jour si les chats viennent à se faire plus rares.