Le four à chamotte

Les « terres blanches » désignent des argiles kaoliniques naturelles provenant de la décomposition du granite. Elles se composent majoritairement de kaolinite (argile blanche), associée à du quartz et à des feldspaths résiduels. Leur blancheur et leur résistance à la chaleur les rendaient particulièrement adaptées à l’industrie de la porcelaine et à la fabrication de matériaux réfractaires. Très présentes dans les terres de Croze, les premières concessions d’extraction sont développées autour de 1830. Elles ont perduré pendant des décennies sur de petites concessions artisanales et intermittentes, exploitées en été pour que les terres soient moins lourdes.

A Croze, de très nombreuses carrières artisanales ont été exploitées. La plus profonde comporte 17 escalins (hauteur de fourche, creusé en escaliers) et se trouve dans les bois derrière l’impasse de la garenne. 
Les terres extraites étaient stockées le long de la route en trois points, un à l’entrée actuelle de Croze, au niveau du banc de pique-nique, un au pont qui va vers l’âge et un au moulin de st Amand (aujourd’hui le petit moulin), afin d’être exportées par carioles vers Limoges. Les familles paysannes disposaient ainsi d’un complément de revenus. 

Afin de fabriquer de la chamotte, argile réfractaire cuite et plus facilement transportable, un entrepreneur vint convaincre les habitants de la construction d’un four en 1950 et d’une exploitation plus intensive par galeries souterraines. Les ruines du four se trouvent aux grandes terres, en direction de la ferme de la Baine, sur la droite dans la forêt.
Après l’extraction, l’argile était tamisée et mélangée à de l’eau pour homogénéiser la pâte. On façonnait ensuite cette pâte en « pains » d’argile ou briques crues. Les pièces formées étaient séchées à l’air libre ou sous abri pendant quelques jours avant la cuisson.
Au dessus du four se trouvait l’étage où on déposait les pains d’argile. La chaleur s’élevait naturellement, permettant une montée en température progressive et une protection contre les flammes directes.

La montée en température devait atteindre 1200-1400 degrés. On chargeait l’étage. On murait l’entrée pendant un cycle de huit heures . On laissait refroidir. On défournait, on broyait la chamotte puis elle devait partir vers Limoges pour des briques de four, casettes de cuisson, éléments réfractaires, supports de cuisson pour porcelaine. Les gisements de kaolin ont été surévalués et après deux ans de fonctionnement, l’utilisation du four a été abandonnée.

A l’arrêt de l’exploitation des carrières, elles se sont remplies d’eau et forment de multiples mares et bassins, faisant de Croze un site exceptionnel. Ces points d’eau ont été colonisés par la faune et forment de merveilleux abris à des espèces protégées comme les amphibiens. La saison des amours des grenouilles offre un concert bruyant à tous les promeneurs.

Le diaporama ci-dessous est issu du Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord – Tome CXLVIII – Année 2021 , il nous apprend plus sur l’exploitation à Croze. 

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