Gabriel Roussarie est né le 22 novembre 1930 et a grandi à Croze. A 95 ans, il a eu la gentillesse de nous rapporter quelques souvenirs.
« Mes arrière-grands-parents habitaient la maison de Jeannot Roussarie et de Christine (dans l’angle arrondi en pierre, le 181 et 187 route des grandes terres ). C’était au grand père de Christine. Ça faisait une seule maison ou vivaient les Roussarie.
Il y a deux familles différentes. Mon grand père, le grand père de Christine et le grand père de Jeannot, sont tous nés dans la même maison, c’est la même famille, mais Roussarie Roger, c’est pas la même famille.
Mon grand père, Léonard Roussarie, (né en 1860) m’a raconté :
– A 11 ans, je gardais les moutons. Mon père est venu me chercher et m’a dit « Ta sœur a 12 ans, elle est assez grande pour garder les moutons. Toi, tu vas partir en apprentissage chez les compagnons » et là, je suis parti à côté de Périgueux chez un patron menuisier, à pied. »
Le grand père de Gabriel n’est jamais allé à l’école, mais en revenant des compagnons, il savait lire et écrire. Il a fait 5 ou 6 ans auprès des compagnons. Puis il est parti en Touraine et a travaillé chez un patron charpentier. Il a travaillé chez plusieurs patrons avant de revenir à Croze où il a acheté une grange (qui est aujourd’hui le 5 route des grandes terres) et l’a transformé en construisant lui-même sa maison.
« Il s’est marié avec une fille qui venait de Bourg-Vieux. C’était l’époque de la construction du chemin de fer. Il y avait beaucoup d’ouvriers, les poseurs de rails. Du coup, ma grand mère et mon grand père ont ouvert une épicerie peut-être pendant une dizaine d’années. C’était dans la maison.
Ensuite, il ont eu deux fils, mon oncle Maurice, et mon père. Ils ont fait construire la maison en face et un atelier où il y avait la menuiserie. Ça a été une scierie plus tard, avec un moteur diesel qui faisait beaucoup de bruit.
Il y avait aussi les terres blanches, ça a fait travailler beaucoup de jeunes. »
Gabriel est né et a grandi à Croze avec sa sœur Jacqueline. Il se souvient des nombreux animaux qui circulaient librement dans Croze. Ils avaient un âne qu’ils attelaient pour transporter diverses choses. Les foins étaient fait avec une faucheuse tirée par des bœufs. Ils prenaient l’eau à la fontaine.
Le maréchal ferrant faisait surtout de la forge et réparait les socs de charrues et autres.
Lors de la seconde guerre mondiale, il y avait les Forces Françaises de l’Intérieur et les Francs Tireurs Partisans à Nontron et Champ Romain mais la guerre n’a pas beaucoup changé la vie à Croze. Ils n’ont jamais eu faim, contrairement à la ville. Il n’y avait pas beaucoup d’huile, de café ou de sucre mais c’est tout.
L’électricité est arrivée vers la fin de la guerre.
« Mon père était quelqu’un qui savait tout faire. Quand l’électricité est arrivée, il a laissé un peu son travail de menuisier pour devenir électricien. C’est lui qui a installé l’électricité dans les maisons à Croze, la Marthonie et autour…
Et puis il y a eu la radio et la télévision. C’est nous les premiers qui avons eu la radio, la TSF ! »
Cela n’a pas pour autant couper les relations de voisinage et il y avait toujours les veillées avec les voisins. Les gens énoisaient tous ensemble les noix pour les emmener au moulin de panit et les transformer en huile.
Gabriel, après l’école à Milhac, est allé à Claveille à Périgueux pendant 5 ans. Il a rencontré son épouse, Paulette, à la fête de pâques à Milhac. Quand il est revenu à Croze pour travailler, il n’aimait pas du tout la menuiserie et a commencé la scierie. Il appréciait le contact avec les clients et a commencé à se développer commercialement.
Il a créé la scierie à La Bierge, « une scierie assez moderne pour l’époque », et a vendu ses produits jusqu’en région parisienne avant de se concentrer sur du négoce, un domaine qu’il a toujours apprécié.
Gabriel possède toujours la maison de ses parents, qui est en location, et Jacqueline habite l’ancienne forge, réhabilitée en maison.